1947, 1959, 1976, 2003 et 2015,
les années caniculaires !

Si ces cinq années furent les plus chaudes depuis moins d’un siècle en France, toutes marquées par un ensoleillement exceptionnel et un manque d’évènements pluvieux, elles produisirent souvent des millésimes exceptionnels pour les vins du Domaine Mongeard-Mugneret. Les épisodes climatiques de canicule étant plutôt bénéfiques à la production viticole, alors qu’ils sont une catastrophe pour l’agriculture en général.

1947 fut une année exceptionnelle à bien des égards pour le Domaine Mongeard-Mugneret. A peine sortie de la guerre, après une reprise en main du Domaine dans des conditions dramatiques par Jean Mongeard, cette année 1947 venait à point nommé pour justifier les nouvelles ambitions vinicoles et commerciales exprimées dès 1946. Les grosses chaleurs estivales, ponctuées de pluies idéalement tombées en août, annonçaient une bonne année. Malgré des vendanges sous la canicule, nécessitant le refroidissement des raisins, ce qui ne fut pas une mince affaire pour l’époque, les « millésimes 47 » comptent encore aujourd’hui parmi les plus réussis de l’après-guerre.

1959 a été marquée par un ensoleillement supérieur encore à celui de 1947. Cela eut pour conséquences une floraison précoce, un mûrissement tardif en septembre grâce à de petites pluies répétées, pour une maturité parfaite lors de la récolte mi-septembre. Cette année-là quantité et qualité furent au rendez-vous, les vins rouges dévoilaient une couleur de feu avec des reflets de rubis pour des saveurs consistantes, harmonieuses et très équilibrées.

1976 est encore inscrite dans notre mémoire collective comme l’année de la sècheresse. L’absence de pluie fin août ou début septembre ne permit pas d’obtenir les rendements de 1959, la maturité des grappes s’étant faite par concentration. La récolte anticipée de début septembre en Bourgogne donna un millésime de rouges aux goûts puissants, avec des notes de myrtille, de fruits à noyau et une délicate touche de cuir et de sous-bois, bien que trop tannique pour entrer dans la légende des millésimes d’exception. Quant aux blancs, ils furent plus lourds encore, même si l’évolution avec le temps a réservé de belles surprises.

2003, « l’année précoce », fut exceptionnelle d’abord par ses conditions climatiques. Dès mars, la température s’éleva au-dessus des moyennes saisonnières (25 C°) jusqu’aux vendanges, et même après. A Vosne-Romanée on enregistra 43 C° le 13 août ! De plus, cet épisode caniculaire s’accompagna d’une quasi-absence de pluies de février à août, occasionnant une sécheresse massive. Heureusement, sans impact sur la vigne. 2003 fut ensuite exceptionnelle par la précocité de sa floraison commencée dès mai, puis par une avancée des bancs de vendange au 19 août en Côte d’Or. Les raisins du Domaine Mongeard-Mugneret ont été cueillis à partir du 29 août sur une durée de 7 jours. Enfin 2003 est exceptionnelle par ses vins. C’est un millésime de « vigneron » et de « vinificateur » où le Pinot Noir a pu exprimer ses qualités les plus extraordinaires. La maturité des fruits en sucre, mais aussi phénolique, associées à celles des pépins et de la peau, ont permis d’extraire des vins d’une très belle densité aux robes soutenues, avec des arômes concentrés et complexes de fruits rouges et noirs associés à des notes épicées. Un millésime souvent comparé à celui de 1947.

2015 étant la 2e année la plus chaude enregistrée en France après 2003, elle s’inscrit dans la lignée de ces années exceptionnelles décrites précédemment. Les quelques grosses averses de fin août ont occasionné plus de peur que de mal et ont contribué à nourrir légèrement sol et plantes. Les raisins, d’une exceptionnelle qualité, présentent une belle teneur en sucre. La maturité est optimale et l’état sanitaire est excellent. Même si le temps sec de l’année aura quelques conséquences sur les volumes récoltés, 2015 s’annonce comme un très grand millésime en Bourgogne.

Pour faire de bons vins, il faut avant tout savoir être patients…

 

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